Earthbound — In Dialogue with Nature
Artists

Sabrina Ratté

«Floralia I - IV», 2020

L’installation vidéo à quatre canaux Floralia présente un avenir potentiel dans lequel des plantes aujourd’hui disparues sont conservées virtuellement au sein d’archives numériques. Quatre plantes différentes, représentées dans leur habitat d’origine, apparaissent dans les vidéos comme des objets numérisés en trois dimensions, conservés dans des salles virtuelles sous forme de cubes semitransparents. Lorsque la caméra tourne autour des plantes, celles-ci commencent à se fracturer, révélant des détails selon les angles et les points de vue. La décomposition numérique des plantes rappelle également les erreurs d’infographie et laisse penser que ces fractures sont peut-être le résultat d’une interférence de la mémoire propre des plantes, encore persistante. Inspirée de romans de science-fiction visionnaires, des développements de la recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle, ainsi que d’observations critiques dans les études post-humanistes, l’oeuvre suscite une réflexion sur l’évolution possible de l’humanité et sur la manière de préserver la diversité des espèces végétales qui nous entourent. On en vient à se demander si la beauté et le détail des informations que permet la numérisation des plantes, pourraient vraiment suffire à compenser leur éventuelle extinction.

La pratique de Sabrina Ratté (CA) se situe à michemin entre l’abstraction et la figuration, autour de diverses formes d’imagerie numérique, allant de la vidéo à l’animation, en passant par les installations, les sculptures, les performances audiovisuelles, les impressions et la réalité virtuelle. Dans son travail interdisciplinaire, mêlant technologies analogiques, photographie et animation 3D, elle interroge l’influence psychologique de l’architecture et des environnements numériques sur notre manière de percevoir la réalité, ainsi que notre relation avec la virtualité. Elle vit et travaille entre Montréal et Marseille.